Premier mois à Playa del Carmen

Premier mois à Playa del Carmen

Isla Cozumel

Peut-on qualifier d'étrange le fait de quitter à nouveau la France pour un pays dont je ne parle pas la langue, ni la culture et pour un stage que j'ai quitté après seulement deux semaines?

Es-ce négligence de ma part? Que je n'en suis pas capable ou alors que c'était trop difficile pour moi? Je préfère rester convaincue que j'ai fais le bon choix malgré que cela mène à d'autres décisions importantes à prendre.

Comment en est-on arrivé là?

26 août 2016 je prends ce vol tant attendu pour m'envoler vers le Mexique et retrouver les bras tant attendu de l'homme que j'aime. Après une longue séparation de 3 mois pendant lesquels j'ai cru, dans l'insouciance d'un été de jeune barmaid, à ma totale indépendance affective. J'ai cru savoir ce que je voulais, du haut de mes 25 ans... Alors certes je commence à savoir bien me débrouiller dans la plupart des domaines de la vie , ou du moins je sais mieux me rattraper d'une mauvaise chute. Mais question love...Je suis toujours prise au dépourvue et quand je pense vouloir tourner la page je réalise finalement que mes projets n'ont définitivement plus de sens sans la personne qui m'apaise suffisamment pour les élaborer.

Heureuses retrouvailles et une semaine entière pour rattraper le temps perdu avant le début de ce stage de plongée qui me permettra d'être instructeur dans six mois.
Le lendemain de mon arrivée, énorme surprise, nous allons nager avec les requins baleines! Mon rêve depuis que je suis plongée dans l'univers marin! Je peux dire aujourd'hui que j'ai nagé juste à coté du plus gros poisson du monde! Moi, totalement impressionnée, le requin pas du tout...bien occupé à engloutir le plus de plancton possible pour se soucier des deux poissons aux nageoires atrophiés qui le regardent avec un air niais (surtout en ce qui me concerne). La matinée se termine, au revoir requins baleines. C'est la fin de leur saison dans les caraïbes, ils reviendront l'année prochaine. Le bateau nous dépose sur Isla Mujeres pour déjeuner face à une eau turquoise extrêmement attirante!

isla Mujeres
Plutôt sympa et rustique le p'tit resto!

Les jours qui suivent sont sous le signe des vacances comme je n'en ai pas eu depuis un moment. Bains de mer sur la plage de Coco Beach et promenades sur la Quinta, grande rue piétonne qui traverse Playa del Carmen du Nord au Sud, très touristique avec ses boutiques et ses restaurants, les étrangers se font aborder de toute part pour acheter de tout et n'importe quoi. C'est vivant comme rue et très agréable.

Nous passons trois jours près du village de Mahahual à environ 3h de route  dans une petite cabane sur la plage au milieu de nulle-part. C'est très romantique comme tableau, juste la plage, la mer des caraïbes et de la détente! Malheureusement j'ai un peu de mal à m'acclimater et j'ai des fièvres pendant plusieurs jours. J'essaie d'apprécier au mieux ce qui m'entoure et au final c'est quand même l'endroit adéquat pour se sentir fatigué et donc se reposer!

On profite d'être ici pour descendre jusqu'a Bacalar, quasiment en frontière du Bélize (où j'aimerais beaucoup aller plonger un de ces jours! ) On prend un bain dans la lagune où l'eau est douce donc plus fraiche, idéal pour mes fièvres, et on y reste déjeuner. Par chance il est très facile même dans de petits villages de trouver des plats végétariens, ce n'est certes pas toujours extrêmement élaboré mais cela convient pour un déjeuner en vadrouille.

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La Lagune de Bacalar

Après une dernière nuit au milieu des palmiers, vient le temps de dire au revoir à notre petite cabane...

Sur la route du retour on s'arrête à Tulum dont j'ai tant entendu parler! On visite d'abord les ruines pour 65 pesos l'entrée (environ 3 euros) mais on s'abstient du parking à 70 pesos (sérieusement? Plus cher que l'entrée?!?) et on se gare beaucoup plus loin. Sur le chemin vers les ruines on croise beaucoup d'iguanes qui prennent le soleil tranquillement!
Arrivée, je suis émerveillée, je ne m'attendais pas à quelque chose d'aussi grand!

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Et ça ce n'est qu'une petite partie...!

Depuis les ruines on voit une plage de sable blanc avec une très belle eau bleu clair, on a très très chaud... pas besoin de réfléchir plus, on descend de l'autre coté et après quelques minutes de marche à nous les vagues et l'eau rafraîchissante!!

Le temps passe bien vite quand on est en vacances! Encore quelques jours sans réveil à aller se promener et se baigner, le temps d'aller boire de la bière par litre au McCarthy's Irish pub (le demi n'existe pas chez eux c'est la pinte ou le litre....bon ben...le litre alors!).

Enfin le 5 septembre arrive et je me présente à l'hotel tout au sud de Playa del Carmen. Là, j'apprends que je serais certainement affectée dans un autre centre de plongée en dehors de la ville... Pas vraiment prévu au programme mais le transport est assuré au moins. Je rempli des papiers, signe un contrat, donne une caution de 360 pesos pour deux uniformes (j'apprendrais à la suite de mon départ qu'en fait ils me les ont vendus et donc fort heureusement je n'en avais pris que deux contrairement aux trois que l'on me proposait). Puis on me dit d'aller rejoindre le centre de plongée sur la plage. Je rencontre le staff dont quelques stagiaires. Il y a de toutes nationalités; Anglais, Hollandais, Américains, Mexicains, Venezueliens, Allemands, Sud Africains, Écossais, Espagnols. On m'explique mon rôle ici, dès le retour de la plongée de 8h30 il faut aller à la piscine jusqu'à l'heure du déjeuner puis de nouveau l'après midi jusqu'à 17h et parler à chaque client sans exception pour leur faire essayer une démonstration de plongée sous marine dans la piscine et leur vendre plongées et excursions. Ça n'a pas l'air difficile dit comme ça, mais attention... si on est surpris à croiser quelqu'un sans lui parler on risque gros et de même si on passe trop de temps à discuter avec un client qui n’achète pas. Chaque mois on a des objectifs de vente, s'ils ne sont pas atteins attention aux oreilles... ou plutôt à ton temps perdu ici qui ne se conclura pas par l'aboutissement de la formation d'instructeur (qui ne se fait que le dernier mois du stage si on a été bien gentil et qu'on a rapporté plein d'argent). Le lendemain j'arrive au centre et on me dit que je suis affectée plus au sud à environ 20 min depuis le van qui vient nous chercher au sud de la ville. Je prends tout au nord le taxi pour arriver au point de RDV cela me coûte entre 30 et 50 pesos selon le chauffeur et son degré d'envie de vouloir arnaquer une européenne. Ça fait partie du folklore!

Arrivée dans le nouveau centre je suis chaleureusement accueillie par les stagiaires, comme on dit on se serre les coudes quand on est dans la même galère! Du coté de celles qui sont déja instructrices et de la Dive boss c'est déjà beaucoup plus froid... On me donne mon matricule, c'est ce que je suis à présent, un numéro de vendeur. Les jours passent, je pars à 6h30 le matin et ne rentre pas avant 19h30/20h puisqu'on attend que les instructrices aient terminés tout leur administratif pour que le van nous ramène. La plongée du matin est agréable, c'est la seule partie de la journée que je sens utile et cohérente avec la raison pour laquelle je suis ici, mais l'idée de tout le reste de la journée qui m'attend m'empêche parfois un peu d'apprécier. Ce n'est pas que c'est si terrible, mais ce n'est pas ce pourquoi je suis venue, ce pour quoi je suis à nouveau partie de la France. J'ai ce sentiment de perdre mon temps et de donner beaucoup à des gens qui ont peu de scrupules et qui abusent de leur pouvoir. On est tenu par le fait qu'ils peuvent nous virer à tout moment en nous laissant sans formation achevée. Par ailleurs tout les stagiaires me conseillent de bien courber la tête, si je me fais sermonner, même si ce n'est pas de mon fait de répondre "oui, je suis désolée ça ne se reproduira plus"...sérieusement?  Je ne peux plus avoir la patience de me laisser faire ainsi. Plus jeune certainement mais là non, je ne suis pas venue là pour ça. Je suis partie pour explorer le monde et vivre d'aventures. Là je n'ai le temps de rien ... 6h30/20h 6 jours sur 7... Je n'ai pas le temps de faire quoi que ce soit. Je ne dis pas que tout est noir dans ce stage, si j'étais venue seule les choses auraient probablement été différente. Mais dans ce contexte, étant partie pour vivre des choses à deux ... ce n'est pas en accord. Vraiment pas.

Alors je me suis décidée, certes ça me fait peur mais ça me soulage aussi tellement, j'arrête ce stage après deux semaines. En même temps si je n'y suis pas bien je n'allais pas attendre et me fatiguer pour rien, je passe plus de temps à essayer de vendre qu'à plonger... Il va falloir rebondir sur un autre plan, il y en plusieurs dans ma tête, reste à voir ce qui est réalisable !

Petit week-end de détente avec la visite d'un ami qui avait été envoyé quelques jours à Mexico. On a pu profiter de sa chambre d'hotel avec terrasse privée, jacuzzi et vue sur la plage ! On décide de passer le dimanche sur l'île de Cozumel. Pour cela on prend le ferry qui fait le trajet en 35 min , le temps est orageux mais on espère échapper à la pluie et trouver un coin sympa pour nager et voir des poissons! Malheureusement ici tout s'achète, rien n'est laissé sauvage. Chaque accès à une plage est pris d'assaut par un hotel ou un beach club qui demande de l'argent pour se garer, entrer et aller nager. Le seul coin resté intacte c'est la côte Est, seulement il n'y a pas de récif accessible à la nage. On arrive à voir quelques petits poissons mais vraiment pas grand chose. On retente une des plages avec un beach club, de toute façon c'est la basse saison, on devrait réussir à se faufiler sur la plage. Il faut donner de l'argent au "gardien" sur le parking mais après cela c'est quasiment vide. Personne au bureau de plongée, peu de serveurs au bar. On part directement sur la plage et on se jette à l'eau. Mais là encore les photos publicitaires promettaient bien plus que ce que cela offre vraiment. A moins de prendre un bateau et d'aller beaucoup plus au large il n'y a pas de récifs, seulement quelques poissons attirés par des ancres laissés là pour tenir les bouées. Au moins cela nous fait nager et on passe quand même un bon moment

Mon premier mois à Playa del Carmen s'acheve ainsi, j'ai quelques contacts avec des centres de plongée, j'ai même eu un entretien cet après midi. Mais il reste difficile d'obtenir un poste de Divemaster, il faut être instructeur, ce qui implique de vider mes économies d'un coup sans revenu et sans promesse d'embauche. Le point positif de l'entretien d'aujourd'hui reste un accord avec le directeur qui peut être avantageux en plusieurs points, nous verrons bien ce qui se réalise vraiment et quand les choses se concrétiseront j'en dirais un peu plus!

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